samedi 1 décembre 2012

Ange - Escale à Ch'tiland (2012)


La tournée qui servit de support à l'album "Le Bois Travaille Même Le Dimanche" (2010) était également pour Ange l'occasion  de célébrer ses quarante ans d'existence et ma première rencontre avec cette créature ailée eu lieu au détour d'un concert donné l'année dernière par une froide nuit d'octobre. Tandis que seule la curiosité m'avait amenée en ces lieux, je fus rapidement happé par l'univers sonore et visuel d'un Ange touché par la grâce, chaque titre me faisant progressivement glissé dans un monde riche, unique et magique. Au vu de la claque aussi inattendue que monumentale que fut ce concert, c'est tout naturellement que je me suis jeté sur ce disque dès sa sortie.
"Escale à Ch'tiland" nous montre un Ange impérial, qui a su moderniser sa musique, aussi bien dans la prise de son - écoutez moi cette incroyable gestion de la dynamique (notamment sur "Le Cimetière  Des Arlequins") et cet énorme son de batterie, tout en évitant soigneusement de tombé dans le piège de la "Loudness War"* - qu'au niveau de ses arrangements. En effet, au fur et à mesure des années, Ange a ajouté à son rock progressif des sonorités électro ("Les Collines Roses"), orientales ("Le Marchand De Planètes"), jazzistiques ("Les Eaux Du Gange") ou bien folk ("Hors-La Loi"), tout en débarrassant leurs titres des 80's ("Les Yeux d'Un Fou", "Shéhérazade") de leurs oripeaux new-wave qui ont très mal vieillis.  
Le groupe est ici en osmose totale et transcende chacun de ses morceaux, portés par la voix profonde du patriarche Christian Décamps qui maintient le navire Ange à flot depuis toutes ces années et qui, tout comme le bon vin, se bonifie avec le temps ("Capitaine Coeur De Miel"). Avec sa voix de titi parisien, Caroline apporte une touche de théâtralité supplémentaire, tandis que le jeu de guitare de Hassan Hajdi, très fluide et aux sonorités très prog enlumine chaque composition, la section rythmique emporte tout sur son passage ("Le Cimetière Des Arlequins"). Enfin derrière ses claviers Tristan Décamps arrive à renouer avec les teintes du Ange des 70's ("Sur La Trace Des Fées") et à voir les versions monumentales des titres qu'il s'approprie (le très intimiste et dépouillé "Neuf Heures", l'énergique et modernisé "Les Yeux d'Un Fou" ou l'énormissime   "Les Collines Roses"), on se dit qu'il serait bien la personne appropriée pour donner vie à une nouvelle incarnation de cet Ange. Par sa discrétion le public confère à cet événement une atmosphère presque religieuse qui convient parfaitement à cet instant suspendu dans le temps.  
Alors bien sûr certaines pièces maîtresses du répertoire angélique manquent à l'appel (aucuns extraits d'"Au-Delà Du Délire" ni de "Caricatures"), car il est difficile de résumer quarante ans d'histoire en deux heures de concert, mais cette superbe setlist nous offre néanmoins de très belles versions des "Eaux Du Gange" et de " L'Oeil Et l'Ouïe", deux titres dont je ne porte pas franchement les versions originales en haute estime.  
Ce double CD est également accompagné du DVD de cette performance, filmé très sobrement, avec toutefois quelques changements dans le choix des morceaux puisque "Les Collines Roses" sont remplacées par "Fou!" et un medley entre le "Ballon De Billy" et "Ode à Emile" est également joué en fin de concert.
Enfin, ce bel objet est illustré par une magnifique pochette du fidèle Phil Unbdenstock.

*Loudness war (Guerre des niveaux): Principe de production qui consiste à donner à un disque le plus gros son possible, sous prétexte qu'un disque qui sonnerais plus fort qu'un autre aurait bénéficié d'un meilleur mixage, ce qui est est faux et qui se fait pourtant au détriment de la musique (perte de dynamique, saturation non naturelle du son....). Le  dernier album de Placebo "Battle For The Sun" est un très bon exemple des méfaits de la guerre des niveaux.  

Tracklist:

CD 1:

01-Ces Gens-Là
02-Le Cimetière Des Arlequins
03-Les Yeux d'Un Fou
04- Le Rêve Est A Rêver
05-Le Marchand De Planètes
06-Sur La Trace Des Fées
07-Les Eaux Du Gange
08-Neuf Heures
09-Les Collines Roses
10-Le Vieux De La Montagne
11-Couleurs En Colère

CD 2:

01-Les Enfants Du Hasard 
02-Capitaine Coeur De Miel
03-Hors-La-Loi
04-L'Oeil Et l'Ouïe
05-Hymne A La Vie
06-Shéhérazade 

DOWNLOAD (mdp: templier44 - Merci à lui pour l'upload)



jeudi 1 novembre 2012

Heyoka - Piqûres De Rappel (1991 - 1997) (2009)


Formé en 1991 à Dijon, Heyoka est un groupe d'anarcho-punk qui durant sa courte existence à publié une démo ("Vu A La Télé" en 1991), un 45 tours ("El Pueblo" en 1994) et un album ("Demain Sera...." sorti en 1996). Pour célébrer dignement son retour sur le devant de la scène, mais également pour rendre à nouveau disponible des enregistrements difficilement trouvables et qui s'arrachaient à prix d'or, le groupe publie en 2009 "Piqûres De Rappel (1991 - 1997)", une anthologie regroupant l'ensemble de ses méfaits, ainsi qu'une poignée de titres live et sa toute première démo, alors totalement inédite, enregistrée avec une boîte à rythme et intitulée "Enregistrements Chez Mémé".  
Si l'anrcho-punk est plus un way of thinking qu'un genre musical précis, Heyoka se démarquait par un chant féminin, parfois secondé par une voix masculine, des guitares aux mélodies percutantes et entêtantes et une basse très présente, souligné par des choeurs mélodiques et efficaces pouvant rappeler ceux que l'on trouve dans la Oi!, le tout portant des textes intelligents écrient en Français, Allemand et Espagnol, et ne sombrant jamais dans la critique facile. 
Le son de cette réédition n'a pas été modifié par rapport à celui des enregistrements originaux, ce qui permet d'apprécier l'évolution sonore de la formation, de ses premiers pas ("Enregistrements Chez Mémé"), à son album au son énorme et à la production très anglo-saxonne, avec une section rythmique percutante qui emporte tout sur son passage, des guitares bien présentes et un placement de la voix qui, loin des productions "à la française", ne surplombe pas le mix mais au contraire se font dans l'ensemble. Peut-être même un peu trop puisqu'on a parfois du mal à entendre distinctement les paroles... Mais ce type de mixage contribue grandement à l'identité sonore unique de Heyoka... Cette réédition est également accompagnée d'un livret contenant la majeure partie des textes, ceux qui n'y figurent pas sont consultables sur le site du groupe, ainsi que d'un "manifeste" expliquant la situation actuelle et appelant à l'action. Enfin, fidèle à l'éthique forgée par Crass, le groupe a fait figurer au dos du digipack la mention "Ne pas payer plus de 10 Euros".
Pour finir sachez qu'il y a quelques mois, Heyoka a sorti son nouvel album "Etat Des Lieux", dont nous causerons peut-être un de ces quatre...      

Tracklist:

CD 1:

ALBUM:

01-Intro / Déviance
02-La Bourse Ou La Vie
03-Contingent Déserteur
04-Amnésie
05-Le Bel Espoir
06-Un Heil
07-La Mort A Deux
08-Tierra Y Libertad
09-Ecran Noir / Entre Nous
10-Quartier Sauvage
11-Couvre Feu
12-Portninwack
13-Cris De Colère
14-Pueblo's United

DEMO:

15-Peine Perdue
16-Commune 91
17-Tzigane
18-La Patrouille Des Rongeurs

CONCERTS:

19-Les Enfants De La Revanche
20-Black Hole

CD 2:

CONCERTS:

01-Intro / Déviance
02-La Mort A Deux
03-Ecran Noir / Entre Nous
04-Solidarité
05-Portninwack
06-La Bourse Ou La Vie
07-Couvre Feu
08-Hommage A Joe
09-Un Heil
10-Ne Donnez Pas...

45 TOURS:

11-Quartier Sauvage
12-Le Bel Espoir
13-Les Enfants De La Revanche
14-Pueblo's United

DEMO:

15-Cris De Colère
16-Contingent Déserteur

ENREGISTREMENTS CHEZ MEME:

17-Affaire d'Etat
18-Petit Homme Petit Soldat
19-Le Virage
20-Gaïa
21-La Bande Des Bargeots
22-Hommes & Femmes Du Kurdistan
23-La Rue Meurt
24-Anesthésie
25-Intro



lundi 1 octobre 2012

Placebo - Without You I'm Nothing (1998)







En 1996, Placebo avait déjà marqué le petit monde du rock avec son premier album éponyme. C'est deux ans plus tard et aidé d'un nouveau batteur en la personne de Steve Hewitt, que le trio enfonce le clou avec un album aux sombres mélodies et aux guitares abrasives. Enregistré aux Real World Studios de Peter Gabriel, "Without You I'm Nothing", creuse le même sillage stylistique que leur premier album mais, tout est ici plus rageur ("Brick Shithouse", "Scared Of Girls", "Every You Every Me") et ou plus sombre que précédemment ("Without You I'm Nothing", "The Crawl", "My Sweet Prince"). On retrouve effectivement encore ici le Placebo des débuts, emplie d'une énergie toute punk ("Allergic", "Brick Shithouse", "Scared Of Girls") combinée à une sensibilité gothique ("Without You I'm Nothing", "My Sweet Prince" ou encore "You Don't Care About Us"). Car c'est bien cet équilibre parfait entre agressivité et mélancolie, porté par la voix unique de Brian Molko, qui trouve, sur ce disque, celle qu'on lui connaît aujourd'hui, qui faisait et fait toujours, mais dans une moindre mesure, l'originalité de Placebo.
Cependant, ce deuxième opus n'est pas uniquement une version plus aboutit de son prédécesseur puisque, tandis que les textes traitaient précédemment de la construction de soi et de la recherche de son identité, ils abordent maintenant notre rapport à autrui à travers l'amour, la haine, l'amitié et la solitude et  les sonorités électro qui seront développées sur les albums ultérieurs font déjà leur apparition ("Pure Morning"). Les trois musiciens tentent également des choses plus expérimentales avec le titre "Evil Dildo", morceau caché à la fin de la douzième piste, et construit à partir d'un message laissé par un inconnu sur le répondeur téléphonique du chanteur. Enfin, pour remercier son public français, Placebo publie, quelques temps après la sortie du disque, une version française de "Burger Queen".
Mais ne vous y trompez pas, si au premier abord la musique de Placebo peut sembler n'être qu'un exutoire, elle vous collera également parfaitement au corps les jours de déprime et c'est à mon avis le seul groupe dont la musique et les chansons possèdent cette ambivalence si étrange. Près de quinze ans après sa sortie ce disque au son intemporel, produit par Steve Osborne n'a rien perdu de sa spontanéité et respire toujours l'urgence à plein poumons. 

Tracklist:

01-Pure Morning
02-Brick Shithouse
03-You Don't Care About Us
04-Ask For Answers
05-Without You I'm Nothing
06-Allergic (To Thoughts Of Mother Earth)
07-The Crawl
08-Every You Every Me
09-My Sweat Prince
10-Summer's Gone
11-Scared Of Girls
12-Burger Queen


samedi 1 septembre 2012

HardxTimes - Life Is A Battlefield (2010)



Pour poursuivre sur la thématique du mois dernier, voici maintenant un disque de Oi!, autre musique des skinheads apparue à la fin des années 70 / début des années 80, avec "Life Is A Battlefield" second disque du groupe français HardxTimes. Outre le fait de chanter dans sa langue natale, HardxTimes se démarquait des autres groupes du genre, par des guitares très mélodiques  et plutôt rapides, finalement plus proche du punk-rock que de la Oi! et qui se complètent merveilleusement bien, l'une étant plutôt rythmique avec un jeu en accords, tandis que l'autre, si elle double souvent la première, ajoute aussi quelques lignes mélodiques très efficaces ("Paris", "SPE", "Toujours Là", "Réaliste"), une basse qui sort parfois de son rôle purement rythmique pour créer de très belles mélodies ("Fuite En Avant", "Egoïste"), une voix éloignée des poncifs du genre, mais surtout par des textes très personnels souvent teintés d'une douce mélancolie et abordants des sujets inhabituels dans la scène Oi!  ("Egoïste", "Fuite En Avant", "La Vérité"), ou bien avec un point de vue particulier ("Temps De Sang", "Réaliste", "Nos Règles").
Sur ce second long jeu le groupe s'aventure également sur le terrain du spoken-word avec "Hommage" ou interviennent un saxo et un piano, et sur celui de la folk avec le magnifique "Pour Nous", uniquement disponible sur la version CD de l'album.
Cette version CD est également agrémentée de l'intégralité du EP "Demain Nous Appartient" (contenant les titres "Paris", "SPE" et "Ces Années Là") et du morceau "Vengeance", qui renoue un peu avec les influences hardcore du premier album, et qui est  extrait de la compilation "Oi! l'album".
Peu de temps après la sortie de ce disque le groupe s'arrêta, officiellement suite au décès de l'ancienne bassiste de la formation, mais il faut également dire que l'un des musiciens a commencer à défendre des positions politiques proches de celles d'extrême droite, ce qui a probablement contribué à hâter la fin de ce groupe, qui faisait originellement parti de la mouvance SHARP (SkinHead Against Racial Prejudice, qui signifie Skinhead contre les préjugés raciaux)... 

Tracklist:

01-Toujours Là
02-Réaliste
03-Douce Nuit
04-Fuite En Avant
05-La Vérité
06-Nos Règles
07-Indomptés
08- On est Al
09-Temps De Sang
10-Egoïste
11-Hommage 
12-Paris
13-SPE
14-Ces Années Là
15-Vengeance
16-Pour Nous



mercredi 1 août 2012

V/A - Trojan Skinhead Reggae Box Set (2002)


A l'évocation du mot "skinheads" certains associeront plus facilement les idées de profanations de tombes, crimes racistes et de ratonnade, plutôt que celle du reggae, et pourtant... Petit flashback...   
Emergeant à la fin des années 50 et connaissant son âge d'or vers 64-65, le mouvement mod prend naissance au sein d'une partie de la jeunesse ouvrière Anglaise passionnée de scooter et de musique Jazz. Progressivement, les immigrés Jamaïcains, venus reconstruire le pays  fréquentant les même clubs vont leur faire découvrir leur musique: le ska, et quelques années plus tard, le rocksteady. Se perdant petit à petit dans les pilules et dans les idées des hippies, le mouvement mod déclina. C'est alors que certains d'entre-eux, refusant cette destiné, se rapprochèrent des rudes boys Jamaïcains jusqu'à adopter leur musique tout en affirmant d'avantage leur appartenance de classe. En 1969, cette rencontre allait donner naissance aux premiers skinheads.  
Ainsi, les premiers pas du mouvement skinhead vont accompagnés le nouveau développement de la musique jamaïcaine qui sera baptisée Early reggae en Jamaïque et skinhead reggae en Angleterre. Petit à petit, les inflexions soul du rocksteady, qui étaient dues à la présence de sections de cuivres et de trios vocaux de toute beauté, vont s'estomper au profit d'une présence plus marquée de l'orgue, qui contribuera à appuyer le contre temps des guitares, et de groupes ou d'artistes solistes. Tandis que le rocksteady se voulait lent et langoureux, terrain parfait pour conter des histoires d'amour, le skinhead reggae sera plus brut et abordera souvent des thèmes plus sociaux. Constatant également l'évolution de leur public, de nombreux groupes et artistes consacreront une ou plusieurs chansons aux skinheads tels Symarip, The Charmers, The Hot Rod All Stars ou encore The Pioneers, pour les quelques uns présents ici et on comprend alors qu'un skinhead ne peut être raciste.
Cette compilation où presque rien n'est à jeter a le mérite de montrer, à travers une sélection de titres datants de 1968 à 1972, les principales variations que l'on peut trouver dans le genre: instrumentale ("A Taste Of Killing" des Upsetters), avec des paroles parlées plutôt que chantées ("Skinhead Train" des Charmers), ou parfois très proche du rocksteady (tel le "What Am I To Do" de Tony Scott ou l'instrumental "Soul Call" des Soul Rhythms et sa section de cuivres implacables). L'autre atout de cette compil', c'est que, derrière le transfert souvent impeccable des 45 tours sur CD, on sent toujours le crépitement du vinyle et ce, pour mon plus grand plaisir.   
Skinheads, remember your black roots!

Tracklist:

CD 1:

01-The Charmers: Skinhead Train
02-The Creations: Mix Up Girl
03-Sir Harry: Hee Cup
04-King Cannon (Karl Bryan): Overproof (aka Little Darlin')
05-Derrick Morgan: Copy Cat
06-Andy Capp: The Law
07-The Soul Rhythms: Soul Call
08-The Harmonians: Music Street
09-The Fabion: V Rocket
10-Tony Scott: What Am I To Do
11-The Versatiles: Spread Your Bed  
12-The Dynamites: John Public (Tom Hark)
13-Cool Sticky: Casa Boo Boo
14-The Tennors: Smile (My Baby)
15-Roland Alphonso: Zapatoo The Tiger
16-The Viceroys: Work It
17-The Wanderers: Wiggle Waggle

CD 2:

01-The Creations: Qua Kue Shut
02-Vincent Foster: Shine Eye Girl
03-Harry & Radcliffe: History
04-Sir Lord Comic: Wha'pen
05-Tommy McCook & Stranger Cole: Last Flight To Reggae City
06-Vincent Gordon &The Dynamics: The Burner
07-The Dynamites: Tribute To Drumbago (aka Last Call)
08-Ansel Collins: Bigger Boss
09-Theo Beckford's Group: The Horse
10-The Upsetters: A Taste Of Killing
11-Boris Gardner & The Love People: Don Juan
12-Lloyd Charmers: Dollars And Bonds
13-The G.G All Stars: 2000 Tons Of T.N.T
14-Rupie Martin's All Stars: Death In The Arena
15-Willie Francis: Motherless Children
16-Sweet Confusion: Elizabethan Serenade
17-The Royals: Pick Out My Eye

CD 3:

01-Claudette & The Corporation: Skinheads A Bash Them
02-Dandy: Trouble In The Town
03-Desmond Riley: Skinhead A Message To You
04-The Pioneers: Reggae Fever
05-Des All Stars (aka The Rudies): Night Food Reggae
06-Rico & The Rudies: Brixton Cat
07-The Hot Rod All Stars: Skinhead Speaks His Mind
08-Tony Tribe: Red Red Wine
09-King Horror: Loch Ness Monster
10-The Hot Rod All Stars: Skinheads Don't Fear 
11-The Prophets: Concord
12-Winston Groovy: Funky Chicken
13-Symarip: Skinhead Moonstomp
14-Dice The Boss: Funky Duck
15-Joe The Boss: Skinhead Revolt
16-Claudette: Queen Of The World     




dimanche 1 juillet 2012

Misanthrope - irremeDIABLE (2008)




J'aime le luxe  
Passion Millionnaire
La poésie de Baudelaire
Et son spleen millénaire
("Passion Millionnaire" - Misanthrope Immortel)
  
Lorsqu'en 2008 Misanthrope consacre un album à Charles Baudelaire ce n'est pas la première apparition du poète maudit dans l'oeuvre du groupe, puisqu'il a déjà adapté "Les Litanies De Satan" (sur le coffret "Recueil d'Ecueil Et Autres Oeuvres Interdites" - 2000) et que la chanson "Passion Millionnaire", sur l'album "Misanthrope Immortel" (2000) y fait clairement référence. Mais cependant, plutôt que d'adapter certains textes des "Fleurs Du Mal", avec "IrremeDIABLE" Misanthrope à choisi de conter la vie tumultueuse de son auteur. Le romantisme noir, la  spiritualité, la drogue,  le sexe, le libertinage et  la décadence étant des thèmes omniprésents chez Misanthrope, Baudelaire est le personnage parfait pour son univers. Un univers grandiloquent, aux lignes de basses titanesques souvent slappées, aux solis de guitares flamboyants et virtuoses  où s'entrelacent merveilleusement les fantômes du death, du black, du thrash, du heavy, du doom, de la musique classique ainsi que quelques réminiscences psychédéliques. Enfin des textes poétiques et extrêmement travaillés parachèvent magistralement ce monde fantasmagorique.
Si tous ces éléments sont donc présents ici, la force de ce disque réside dans son approche hautement cinématographique ("L'Infinie Violence Des Abîmes"). En effet, si l'ensemble forme un tout cohérent magnifiquement porté par la narration de S.A.S de l'Argilière qui n'hésite pas à varier ses intonations (parlées, hurlées, chantées d'une voix claire pleurnicheuse, ou emportée dans un tourbillon de reverb), chaque instrument peut représenter une facette du Baudelaire. Alors que la rapidité des rythmes de batterie semblent évoquer le rythme effréné de la vie du poète, chaque coup de caisse claire semble incarner le destin qui s'acharne  contre lui. Tandis que les lignes de basse qui virevoltent peuvent représenter  les doutes auxquels il est en proie,  les envolées guitaristiques pourrais représenter les joies auxquelles il aimait s'adonner et les parties de claviers semblent symboliser sa quête spirituelle. Le travail textuel n'est pas en reste puisque quelques mots en latin viennent soulignés que Baudelaire était issu d'une famille lettrée tandis que le  recours non systématique à la rime et l'asymétrie des textes renforce leur côté poétique.
A noter qu'une édition limitée de cet album fut également publiée. Elle contient l'intégralité d'un concert en DVD, un documentaire filmé en tournée, ainsi que le premier clip du groupe pour le morceau "Névrose". 
Prenez le temps d'écouter ce disque, car il peut parfois être difficile de digéré un concept album de 75 minutes narré d'une voix si singulière et aux arrangements tellement subtils qu'ils ne deviennent audibles qu'après de multiples écoutes.

Tracklist:

01- Les Retourneurs De Pierres
02-Phénakistiscope
03-Les Limbes
04-Le Passager Du Hasard
05-L'Infinie Violence Des Abîmes
06-Prodigalité
07-Le Dandy De Bohème
08-Fantasia Artificielle
09-Le Maudit Et Son Spleen
10-Plaisirs Saphiques 
11-Névrose
12-1857
13-Ixion
14-L'Oracle De La Déchéance
15-LXXXIV L'IrréméDIABLE




vendredi 1 juin 2012

Black Sabbath - S/T (1970 - Réédition 2004)


Sorti le vendredi 13 février 1970, le premier album de Black Sabbath est peut  être le disque le plus important de toute l'histoire du Metal car il marque non seulement la naissance du Heavy Metal, mais la lenteur et la lourdeur des riffs de Tony Iommi influencèrent aussi les scènes doom et gothic metal qui émergèrent au cour des années 80 et 90, tandis que leur côté "gras" a détint  dans le son stoner / desert rock. Par son visuel et ses paroles, cet album a également eu un impact prépondérant sur toute l'imagerie Black Metal puisque plusieurs chansons ("Black Sabbath", "N.I.B") font apparaître des anges peuplant le monde des Enfers, tandis que "The Wizard" ("Le Magicien") fut inspirée par la trilogie du  Seigneur Des Anneaux écrite par JRR Tolkien. Mais ce n'est pas tout puisqu'à l'intérieur du livret nous pouvons également trouver une croix inversée accompagnée d'un poème, et sur la photo de la dernière page du livret, un corbeau, animal très important dans le paganisme, est clairement visible. Enfin, la légende veut que, lorsque la photo qui orne la pochette de l'album a été prise, la silhouette drapée  de noir n'y figurait pas. Celle-ci ne serait apparut qu'au développement de la pellicule. 
L'aura de mystère qui entoure ce disque n'est sûrement pas pour rien dans le succès de cet opus enregistré en trois jours et qui se hissa à la huitième place des charts Anglais ainsi qu'à la vingt-troisième place du Billboard US. 
Mais au-delà de tout l'impact qu'il a pu avoir, ce disque, en éloignant le hard-rock de ses racines blues (et ce malgré les reprises d'"Evil Woman" des crow et de "The Warning" de Aynsley Dumbar Retaliation, ainsi que l'utilisation d'un harmonica sur "The Wizard"),  en donnant plus d'importance à la ligne de basse, en amenant de nouvelles thématiques dans des paroles souvent chantées avec une voix haut perchée, et par la création d'un nouveau type de riffs plus lourd et plus sombre, il reste la pierre angulaire d'une nouvelle esthétique qu'il a forgée: le Heavy Metal. 
Cette réédition, sans dénaturer celui d'origine, à le mérite d'éclaircir le son, ce qui rend tous les instruments véritablement audibles et de particulièrement bien mettre en valeur les différentes trouvailles sonores: les cloches de "Black Sabbath", l'harmonica de "The Wizard", le jeu à l'unisson entre la voix d'Ozzy et la guitare d'Iommy, la ligne de basse énorme et le tambourin de "N.I.B", la guitare acoustique, le shaker et ce qui semble être une guimbarde sur "Sleeping Village" et ce qui ressemble à un chabada sur "Wicked World" qui est en bonus track sur cette réédition et qui constituait  la face B du premier single de Sabbath, dont la face A était "Evil Woman".  

Tracklist:

01-Black Sabbath
02-The Wizard
03-Behind The Wall Of Sleep
04-N.I.B
05-Evil Woman
06-Sleeping Village
07-The Warning
08-Wicked World


mardi 1 mai 2012

AC/DC - Powerage (1978)




Album mésestimé dans la carrière d'AC/DC, et quasi systématiquement oublié lors des concerts, "Powerage" est pourtant l'album préféré d'Angus Young et de Phil Rudd, guitariste et batteur du groupe, mais aussi celui de la plupart des fans des boyz. Lorsqu' en 1995, alors âgé de 8 ans je découvre ce disque c'est l'électrochoc qui marque le début de ma passion pour le rock. Mon expérience de "Powerage" étant fortement émotionnelle, il est finalement assez difficile de vous parler de ce disque. 
Faisant suite à la tempête, aussi bien commerciale qu'électrique "Let There Be Rock", 'Powerage" est un album beaucoup plus bluesy et cotonneux. Tandis que ce quatrième album marque l'arrivée de  Cliff Williams à la basse, celle-ci n'a jamais été aussi douce et présente dans le son de la formation australienne ("Gimme A Bullet", "Gone Shootin'"). Bien que le style d'AC/DC soit immédiatement reconnaissable, certains choix artistiques et compositionnels font de "Powerage" un opus un peu à part dans la discographie du groupe: bien que classique dans sa forme "Rock 'n' Roll Damnation", comme tout l'album d'ailleurs, est marqué par un son de batterie atypique;
Construit sur un seul et unique riff qui se développe et qui monte progressivement en puissance avant de redescendre pour repartir de plus bel, "Down Payment Blues" est une chanson est une chansons unique dans le répertoire d'AC/DC. Ici, c'est donc la batterie qui, grâce à ses nombreux breaks, assure l'évolution rythmique du morceau tandis que la voix se charge de l'évolution mélodique. Et tandis qu'au bout de 6 minutes la chanson semble se finir elle se clôture sur un riff totalement blues sortit de nulle part!;
"Gimme A Bullet"avec son absence de solo de guitare et sa ligne de basse énorme montre également, si besoin était, que Bon Scott était aussi un bon chanteur dans un registre plus doux et intimiste;
Mais la fureur reprend vite le dessus avec un "Riff Raff" qui déboule à toute berzingue avec son riff frénétique, d'autant plus mis en exergue il est d'abord joué seul au début du morceau, et un jeu en question réponse très efficace entre les deux guitares;
"Sin City", peut être le morceau le plus blues de cet album, et son break central basse / batterie qui fait des merveilles;
Un "What's Next To The Moon"au riff tout en arpège et  aux choeurs du plus bel effet sur les refrains et sur l'ensemble d'un couplet;
Encore une imposante ligne de basse  sur "Gone Shootin'", chanson à la structure assez classique si ce n'est une fin en deux temps qui lui donne un petit truc en plus;
On pousse l'ampli au max avec le très hargneux "Up To My Neck In You" où Bon Scott s'en donne à coeur joie avec sa voix de si particulière;
Et enfin un "Kicked In The Teeth" fonctionnant en question / réponse sur lequel le chanteur  à la voix de gargouille commence  à cappella tandis que l'ensemble du groupe ou la guitare d'Angus répondent. Une fois la chanson lancée, ce mode de jeu se poursuit,  alors que Bon Scott pose ses couplets sur une section rythmique magistrale et les guitares viennent ponctuer ses phrases. Une chanson dans laquelle on retrouve plusieurs motifs guitaristiques  très créatifs.
Mais le meilleur titre de ce disque n'est plus disponible sur aucun pressage du disque, puisque "Cold Hearted Man" (visible ici en vidéo), après avoir été inclut sut les premières éditions vinyle a été remplacé par "Rock 'n' Roll Damnation", et est uniquement trouvable sur diverses compilations ou le coffret "Backracks". Un morceau à la mélodie sublime, avec une superbe ligne de basse et sur laquelle Bon Scott montre l'étendu de son talent!
Autant de petits éléments qui, sans révolutionner le style d'AC/DC, font de ce "Powerage" le meilleur album du groupe. S'il ne devait en rester qu'un seul ce serait définitivement celui-là!


Tracklist: 

01-Rock 'n' Roll Damnation
02-Down Payment Blues
03-Gimme A Bullet
04-Riff Raff
05-Sin City
06-What's Next To The Moon
07-Gone Shootin'
08-Up To My Neck In You
09-Kicked In The Teeth



dimanche 1 avril 2012

Led Zeppelin - How The West Was Won (2003)


En 2003 Jimmy Page a eu la bonne idée de dépoussiérer certains cartons perdus quelque part  dans son manoir. Au fond de l'un d'eux, il retrouva les bandes de deux concerts enregistrés en 1972: celui du L.A Forum capté le 25 juin et celui enregistré à la Long Beach Arena deux jours plus tard. A l'époque Led Zeppelin à déjà sorti quatre disques qui connurent de francs succès commerciaux, furent unanimement reconnus par la critique et qui sont aujourd'hui considérés comme des  classiques de l'histoire du rock. Lors de ces deux concerts le groupe semble touché par la grâce: Robert Plant chante comme jamais, le jeu de batterie de  John Bonham, habile mélange de puissance et de finesse, couplé au jeu de basse au groove incroyable  de John Paul Jones, très présent dans le mix, impose une section rythmique monumentale tandis que Jimmy Page distille toujours ses solis avec passion et frénésie. Tout est ici plus carré et plus puissant qu'en studio et est magnifié par le mixage de Kevin Shirley. Les quatre musiciens sont en osmose totale et toutes les versions données ces soirs là dépassent allègrement celles fixées en studio et ce même pour les chansons issues de "Houses Of The Holy", cinquème album du groupe qui ne sortira pourtant que neuf mois plus tard, à tel point que ce live peut faire office de véritable best-of du dirigeable. On peut y entendre Led Zeppelin sous ses différentes facettes: psychédélique ("Dazed And Confused"),  hard-rock ("Immigrant Song", "Rock And Roll", "Black Dog"...), blues ("Since I've Been Loving You") et Folk (""That's The Way", "Bron-Yr-Aur Stomp" ou "Over The Hills And Far Away"). Lors de la promotion de ce disque Jimmy Page clamait haut et fort que tous les concerts de Led Zeppelin étaient unique car le groupe improvisait constamment sur scène et ce disque en est la preuve parfaite: ajout d'un solo et de motifs guitaristiques sur "Immigrant Song", changement complet de la ligne vocale sur "Since I've Been Loving You", accélération du tempo sur "Heartbreaker", changement de la ligne de batterie de "Dancing Days",  solo de batterie de 19 minutes sur "Moby Dick", éclatement totale de la structure de "Dazed And Confused" et autres medley sur "Whole Lotta Love" et "Bring It On Home" entre autre.  
Voici d'ailleurs ce que le guitariste déclarait dans une interview publiée en juin 2003 dans Rock Hard Magazine n°23: "Il m'a suffit d'écouter "Immigrant Song" pour me prendre une terrible baffe! (...) Ces deux gigs sont absolument extraordinaires. Je le sais d'autant mieux que ça me saute moi-même aux oreilles et que je faisait partie du groupe à l'époque. Chacun d'entre nous se donne à 200% et est au top. Tous les quatre nous créons un cinquième élément qui est Led Zeppelin au sommet de son art. Et dire que ce CD aurait pu ne pas voir le jour!"
Essentiel!!

Tracklist:

CD1:

01-LA Drone
02-Immigrant Song
03-Heartbreaker
04-Black Dog
05-Over The Hills And Far Away
06-Since I've Been Loving You
07-Stairway To Heaven
08-Going To California
09-That's The Way
10-Bron-Yr-Aur Stomp

CD2:

01-Dazed And Confused
02-What Is And What Should Never Be
03-Dancing Days
04-Moby Dick

CD3:

01-Whole Lotta Love
02-Rock And Roll
03-The Ocean
04-Bring It On Home







jeudi 1 mars 2012

Fyuz - Light And Blind EP (2010)


Le nom de Fyuz ne vous dit probablement rien. Ce groupe français s'est éteint après avoir publié une démo en 2005, un premier album, "Chemical Breath", en 2008 et ce "Light And Blind Ep" en 2010. Celui-ci se compose de quatre nouveaux titres et de quatre chansons issues de leur premier disque réenregistrées en acoustique. Si sur leur premier opus leurs influences, les Queens Of The Stone Age et Faith No More en tête, se faisaient parfois trop sentir, elles sont ici beaucoup mieux digérées et intégrées à leur son. Sur la première partie du Ep, Fyuz distille un stoner sombre aux structures complexes, avec des riffs accrocheurs ("World Reverse" et "Inner Stairs"), et une basse slappée qui apporte un groove particulier aux morceaux et qui permet à Fyuz de sortir du carcan purement stoner. D'ailleurs la musique de Fyuz s'ouvre à d'autres influences, puisque le riff saccadé de "Dear Friend" possède une spontanéité  et une simplicité toute punk, tandis que "Wasting The Real", morceau de transition entre les deux parties du ep grâce à l'insertion de passages acoustiques, s'avère également être le titre le plus vénère du disque grâce à l'intégration d'une voix presque death sur le refrain. Mais l'originalité de Fyuz ne s'arrête pas là puisque les textes du groupe traitent de sujet sérieux (la dispute entre deux amis très proche sur "World Reverse" où la séparation "amoureuse" sur "Dear Friend" par exemple), non sans un certain humour, ce qui est plutôt rare dans ce genre de musique. Enfin certains procédés de production sont intéressants et méritent d'être notés, comme l'incorporation de sub basses en ouverture du premier morceau et le passage au premier plan de la batterie lors du fade-out d'"Inner Stairs". De multiples autres écoutes, vous permettrons de déceler d'autres subtils éléments non dénués d'intérêt.
Si la seconde partie n'est pas sans rappeler Alice In Chains période "Jar Of Flies" (1994) ou Led Zeppelin sur ses morceaux les plus acoustiques comme "Going To California" ou "Bron-Yr-Aur Stomp",  Fyuz n'en oublie pas pour autant ses intonations sombres et stoner et l'ensemble est tout aussi bien ficelé. Réduite à l'essentiel, "Bastard Mosquito" est marquée par des guitares aux accents hispaniques, un son de batterie complètement matifié  , et une seconde mélodie vocale totalement décalée qui fait le charme particulier de cette chanson. Structurellement "To Leave A Hole" est peut être la chanson la plus simple de cette deuxième partie et celle qui évoque le plus Led Zeppelin, avec ses guitares folk, ses influences hispaniques beaucoup plus appuyées et maîtrisées que précédemment et son absence totale de batterie. A contrario, "The Practice Chapter" s'avère être la chanson la plus complexes des quatre versions acoustiques. Divisée en deux parties distinctes, elle mélange habilement toutes les influences précédentes en y ajoutant quelques percussions d'inspirations cubaines qui viennent encore enrichir l'univers musical de Fyuz. Le son de batterie est alors à mi-chemin entre celui des quatre premières chansons de ce EP et celui de la nouvele version de "Bastard Mosquito". C'est également ici que l'atmosphère d'Alice In Chains se fait le plus ressentir de par le travail sur la juxtaposition des voix. Pour finir après plusieurs "faux départs", "Perfect Suicide Handbook" nous emmène dans des contrées bien plus bossa nova que ce soit par le jeu des guitares ou celui des percussions. Enfin la fin des deux derniers titres ajoute une petite touche d'humour vraiment rafraîchissante.   

Tracklist:

01-World Reverse
02-Inner Stairs
03-Dear Friend
04-Wasting The Real
05-Bastard Mosquito (Akoustik)
06-To Leave A Hole (Akoustik)
07-The Practice Chapter (Akoustik)
08-Perfect Suicide Handbook (Akoustik)

mercredi 1 février 2012

Hors Contrôle - Enfants Du Charbon (2008)


Formé au début des années 2000, Hors Contrôle pratique une Oi!, version plus lente et plus lourde du punk rock, très engagée politiquement. Malgré une production brouillonne qui manque d'espace, de clarté et d'aigus, tous les morceaux de ce quatrième album sont des tubes en puissance: paroles sensées, riff accrocheurs et mélodies imparables . Alors qu'auparavant le groupe jouait avec une boîte à rythme, "Enfants Du Charbon" marque aussi l'arrivée d'un vrai batteur au sein de la formation. Ici, toutes les chansons sont construites sur le rythme basique du punk, déjà utilisé la majeure partie du temps sur les autres albums du groupe. Si on peut voir cela comme une certaine limitation, son utilisation systématique en fait une véritable caractéristique du style de Hors Contrôle. La plupart des textes utilisent aussi un procédé très fréquent dans le punk qui consiste à ce que le dernier couplet soit identique au premier. Ce disque aborde tous les thèmes chers aux membres du groupe, c'est à dire: la fête ("Nos Vies Nos Habitudes), l'anti-fascisme ("Ni Borgne Ni Bras Tendus", "Sans Etat D'âme", "Minable"), la mémoire ouvrière ("Enfants Du Charbon") ainsi que la conscience de classe et les luttes sociales ("Ma Classe", "Luttes D'hier Et D'aujourd'hui" ), ainsi quela vie des mineurs, sujet présent sur quasiment tous les disque de Hors Contrôle avec "Grand-Père". Sur cet album, toutes les chansons se teinte d'une certaine mélancolie ("Flashback" en est le plus bel exemple) et certaines abordent des thèmes inhabituels dans la Oi! comme le suicide ("Suicide"), la place des filles dans la scène Oi! ("Rude Girls", dans lequel le groupe cite plusieurs de ses anciennes chansons afin de les inclure dans leur univers) et le découragement inhérent aux luttes sociales ("Martyr De Demain"). Enfin en fin de disque, Hors Contrôle cède la place à leurs amis de Les Gras pour deux titres cachés de punk-musette.


Tracklist:

01-Sans Etat D'âme
02-T'y Crois Encore
03-Ma Classe
04-Ni Borgne Ni Bras Tendus
05-Minable
06-Rude Girls
07-Flashback
08-Martyr De Demain
09-Grand-Père
10-Enfants Du Charbon
11-Nos Vies Nos Habitudes
12-Luttes D'hier Et D'aujourd'hui
13-Suicide

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dimanche 1 janvier 2012

Bérurier Noir - Viva Bertaga + CD Promos (1990 - Réédition 2004)


"Viva Bertarga": album mythique du mouvement punk et de l'histoire du rock. Mythique par sa version de "Porcherie" et sa phrase "La jeunesse emmerde le Front National!" qui est de toutes les manifs sociales et que certains groupes  reprennent dans cette version, ou pour ces quelques mots lâcher par François en guise d'adieux: "Combien êtes-vous dans la salle? Former des groupes de rock libres!". Mythique aussi parce-qu'il symbolise la fin du rock alternatif français. Mythique enfin parce-qu'il représente le testament d'un groupe ayant toujours vécu en accord avec les idées révolutionnaires qu'il défendait. Mais la démarche révolutionnaire des Bérurier Noir ne s'arrête pas là, puisqu'ici point de batterie mais une boîte à rythmes, ni de basse mais un saxo. Sur scène le groupe mêlait musique, théâtre, cirque, vidéo et politique dans un joyeux merdier festif et solidaire dans lequel se retrouvaient punks, goths, teufeurs et les premiers redskins. En effet, on retrouve dans la musique des Bérus des éléments appartenant à chacun des styles liés à ces différentes scènes. Une boîte à rythmes froide et mécanique rappelant la raideur des rythmes techno voir new wave, des textes sombres et désabusés rappelant la noirceur du post-punk ("Manifeste", "La Mort Aux Choix", "La Nuit Noire"...), des choeurs proches de ceux de la Oi! ("Vivre Libre Ou Mourir", "Hélène Et Le Sang", "Vive Le Feu"...), et enfin l'énergie et l'engagement politique du punk ("Porcherie", "Mineurs En Danger"...). Très souvent les textes des Bérus étaient construits comme de petites histoires ("Scarabée", "Il Tua Son Petit Frère", "L'Empereur Tomato Ketchup, ou encore "Hélène Et Le Sang"...) qui servent souvent à dénoncer quelque chose. Les versions délivrées ici sont plus frontales que celles des albums studios, et plus particulièrement celles des deux premiers albums ("Porcherie", "Hélène Et Le Sang", "Les Rebelles"...) et certaines chansons ont été légèrement modifiées (""Porcherie", et "La Mort Aux Choix" notamment). Le son de guitare de Loran est aussi un élément important de la musique du groupe, à la fois mélodique et agressif et que l'on retrouvera dans ses autres projet comme Les Ramoneurs DE Menhirs. Parfois aussi, les chansons des Bérus étaient construites de manières atypiques: le texte de "Macadam Massacre" est une suite d'onomatopées et celui de "Salut A Toi" est une suite de salutations adressée à des peuples du monde entier. Enfin, lors de ses trois concerts d'adieux qui ont eu lieu les 9, 10 et 11 novembre 1989 et qui ont été compilés sur "Viva Bertaga", les Bérus rendent hommage aux groupes qui les ont influencés: Sham 69 ("If The Kids Are United"), Métal Urbain ("Panik"), The Clash ("White Riot) et Spizzenergi ("Capitaine Kirk"). Cette réédition comporte un titre supplémentaire ("Les Béruriers Sont Les Rois") par rapport au vinyle publié en 1990. Enfin vous trouverez ici des CD promos très difficile à trouver viennent compléter ce concert magnifique. Un témoignage visuel de ce concert est également sorti en 1990 et a été réédité dans le coffret "Même Pas Mort" paru en 2003.

Tracklist:

01-Camouflage
02-La Nuit Noire
03-On A Faim
04-Mineurs En Danger
05-Casse-Tête Chinois
06-Le Renard
07-Soleil Noir
08-Il Tua Son Petit Frère
09-Lobotomie
10-Hélène Et Le Sang
11-La Mort Au Choix
12-Petit Agité
13-Porcherie
14-Manifeste
15-Macadam Massacre
16-Ibrahim
17-Protesta
18-Vivre Libre Ou Mourir
19-Panik
20-If The Kids Are United
21-L'Empereur Tomato Ketchup
22-Macadam Circus
23-Les Béruriers Sont Les Rois

Viva Bertaga CD Promo:

01-Vive Le Feu
02-Fils De...
03-Vietnam Laos Cambodge
04-Djebel
05-Les Rebelles

Viva Bertaga CD Promo 2:

01-Quesako
02-Capitaine Kirk
03-Scarabée
04-Salut A Toi
05-White Riot